L’association France Invest anime et représente une communauté d’investisseurs regroupant 400 sociétés de gestion et 180 sociétés de conseil. Afin de réaliser son baromètre ESG 2024, France Invest a envoyé en 2023 des questionnaires GP (portant sur le profil et les actions des sociétés de gestion) et des questionnaires PE (portant sur le profil et les actions des participations des sociétés de gestion) à ses adhérents, afin de mesurer leurs engagements relatifs aux enjeux d’Environnement, Social et Gouvernance. 

159 sociétés de gestion ont répondu au questionnaire GP et 68 ont répondu au questionnaire PE, représentant ainsi 2 595 participations. 

baromètre ESG 2024

Une structuration des politiques ESG en progression 

Une formalisation accrue des politiques ESG 

  • 83 % des sociétés de gestion ont une politique ESG formalisée et accessible au public (contre 78 % en 2022). 
  • 84 % s’appuient sur des cadres et normes ESG internationaux, notamment les PRI (Principes pour l’Investissement Responsable) ou encore l’ICI (Initiative Climate International). 

Il est à noter également que près d’une structure sur deux possède une équipe dédiée à l’ESG, ce qui démontre une progression forte depuis 2021 et une prise en compte accrue des sujets ESG au sein des équipes de gestion. Cette dynamique est positive car elle est indispensable pour une meilleure sensibilisation et un accompagnement ciblé des entreprises financées. 

Un suivi ESG renforcé 

  • L’analyse ESG est systématiquement présentée : dans les mémos d’investissement dans 80% des cas et lors des comités d’investissement dans 74% des cas. 
  • Parmi les Fonds qui réalisent un suivi de la performance ESG des actifs sous-jacents : 78 % ont mis en place un processus particulier pour collecter et analyser régulièrement les indicateurs clés de performance ESG 

L’intégration de l’ESG dans les politiques d’investissement des sociétés de gestion progresse fortement chaque année, autant dans l’analyse pré-investissement, que lors de la prise de décision ou encore l’accompagnement des entreprises. Dans la majorité des cas, la société de gestion fournit l’accès à un réseau d’experts externes ou a recours à la fonction d’Operating Partners, un rôle de plus en plus prégnant dans le capital-investissement (à lire : l’étude exclusive sur la création de valeur des Operating Partners auprès des sociétés soutenues par des fonds de capital-investissement en France).

Des efforts dans l’exclusion des secteurs polluants 

  • Progression de l’exclusion des hydrocarbures liquides et gazeux des investissements. 
  • En revanche, peu d’évolution pour le charbon. 

L’exclusion des activités de charbon des investissements stagne à 89%, ce qui représente une exclusion forte de ce secteur. Cependant, la marge de progression reste présente et le capital-investissement pourrait décider de suivre les traces du nouveau label ISR 2025, qui exclut complètement le charbon et les hydrocarbures non conventionnels de sa politique d’investissement.  

De nombreuses politiques… mais des actions limitées au sein des participations 

Si les politiques ESG des sociétés de gestion sont de plus en plus structurées, avec des politiques d’exclusions plus strictes et des exigences de reporting extra-financier plus précises, les actions engagées par les participations financées restent encore limitées. 

Un manque d’objectifs environnementaux concrets  

  • Moins de la moitié des entreprises ont formalisé une politique environnementale 
  • Si 57% ont mesuré leurs émissions GES, seul 30% d’entre elles ont défini des objectifs de réduction de leurs émissions de GES. 

De plus, le parent pauvre de la politique environnementale des entreprises reste la biodiversité, avec 88% des répondants qui n’ont pas réalisé d’évaluation de leur impact et de leurs dépendances sur la biodiversité.  

Une parité et une inclusion en demi-teinte 

  • Plus de la moitié des participations ont une politique de lutte contre la discrimination et d’égalité des chances, ou sont en train d’en développer une. 
  • Au sein de ces mêmes participations, l’écart de salaire homme-femme s’est légèrement creusé, passant de 16 % à 17 %. 

En revanche, il est à noter qu’au sein des sociétés de gestion, la proportion des femmes en 2023 atteint 42%, relativement stable par rapport aux années précédentes, toutes tranches d’âges et fonctions confondues, une proportion encouragée par la mise en place de la Charte Parité France Invest en 2020. Composée de 30 engagements, elle fixe notamment des objectifs chiffrés dans les sociétés de gestion et dans leurs participations. 

Une gouvernance ESG encore perfectible

  • Une proportion moyenne d’administrateurs indépendants de 15% siège au conseil d’administration des participations 
  • 57 % des sociétés examinent leurs performances ESG au niveau du comité exécutif ou du conseil d’administration, une part qui augmente peu 

Si les politiques de protection de confidentialité des données des employés et des clients sont mises en place dans presque 80% des cas, dont la plupart alignées sur les principes du RGPD européen, les politiques en matière de corruption ne suivent pas, avec seulement 43% de mise en œuvre.  

Des engagements qui peuvent aller plus loin 

  • Plus de la moitié des répondants ne prennent pas en compte la durabilité dans la gestion de leur chaîne d’approvisionnement à travers les pratiques de leurs fournisseurs. 

Une faible part d’entreprises a mis en place un cadre pour évaluer les performances de leurs fournisseurs au prisme de critères environnementaux et sociaux. Parmi elles, près de la moitié réalisent une procédure de due diligence à l’égard des fournisseurs potentiels pour évaluer leur performance ESG. 

Conclusion : un cadre ESG plus structuré, vers une concrétisation des impacts 

Le baromètre ESG 2024 de France Invest démontre une structuration des politiques ESG au sein des sociétés de gestion en forte progression : intégration de critères de durabilité dans les décisions d’investissement, rémunération variable des équipes indexée sur l’atteinte d’objectifs extra-financiers, publication d’un rapport de développement durable ou encore, à faible proportion, inclusion d’informations ESG dans la documentation de sortie de capital des participations. 

Malgré tout, le baromètre met en évidence des actions qui restent limitées au sein des participations, avec une gouvernance ESG encore perfectible, tout comme des objectifs sociaux et environnementaux qui mériteraient davantage d’ambition. 

Ce sont des points qui sont amenés à être corrigés dans le futur : plus de la moitié des participations interrogées ont mis en œuvre une politique globale en matière de durabilité et emploient une ou plusieurs personnes dédiées aux questions de durabilité.  

La montée en compétence des sociétés de gestion sur le sujet et les mesures d’accompagnement mises en place auprès des participations sont des leviers essentiels pour transformer ces tendances en impacts concrets. 

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